mercredi 11 septembre 2013

Vacances Episode 2 : Les rizières en terrasses
Holidays Episode 2 : Rice terraces


Salut à tous! Merci de votre patience, ça fait un bout de temps qu'on a pas posté mais on s'y remet là (en tout cas je m'y remet, pour une fois c'est moi qui décide de prendre un peut le temps). J'en profite pour relooker un peu le blog en mode Chinois pour entamer ces deux derniers mois au pays des droits de l'homme. Les caractères de la bannière sont 人民 ce qui veut dire "le peuple", c'est le "populaire" dans "République Populaire de Chine". Bonne lecture!
 
Ça avait tellement bien commencé...
On était partis de Kunming de bon matin avec la famille de Chloé fraîchement arrivés à Kunming. Avec sa mère, sa tante, son oncle, son cousin et sa cousine on se retrouvait à sept pour voyager. On avait opté pour la formule road-trip, car c'est pratiquement impossible de se procurer 7 billets de trains ou de bus le jour même en haute saison en Chine. Et comme il faut les passeports pour prendre les billets on ne pouvait pas le faire à l'avance. En fait j'étais content de pouvoir enfin me servir de ce permis de conduire chinois obtenu l'année dernière, et l'idée de s'arrêter quand on veut et de pouvoir écouter la musique qu'on veut (Bob Dylan) étaient attrayantes aussi.
Hi everyone! Thank you for your patience, it's been some time as always... I know. But I've decided to start writing a bit more, for once! I'm redecorating the blog a bit while I'm at it, to start our last two months in the land of human rights. Characters 人民 mean 'the people' (as in the People's Republic of China). Happy reading!

It had all started so well...
We'd left Kunming in the morning, with Chloé's family who had just arrived in Kunming. With her mum, aunt, uncle and two cousins there were seven of us. We'd gone for the road-trip option, as it's next to impossible to book seven tickets for each destination at the last minute during Chinese high season. It's also impossible to book in advance without everybody's passport. A road-trip then. Actually I was quite happy to finally get to use that Chinese driver's license from last year. Plus being able to stop when we want and listen to the music we want (Bob Dylan) sounded pretty nice.


On avait loué une grosse voiture genre monospace pour une cinquantaine d'euros par jour et on était partis vers les terrasses de riz de YuanYang une vallée 300 km au sud de Kunming que Chloé et sa mère avaient déjà visité l'année dernière. Comme elles avaient gardé des assez mauvais souvenirs de la route qui y accède par le nord (une piste bien caillouteuse de 60 bornes de long) Chloé avait opté pour le plan B, conseillé par le propriétaire de l'auberge. D'abord descendre à YuanJiang, un autre bled au sud ouest de Kunming et ensuite arriver à YuanYang par l'ouest. L'estimation était la suivante : 3h30 d'autoroute pour arriver à la première étape puis 1h / 1h30 maximum de petites routes pour arriver à destination.

Conduire sur l'autoroute en Chine... rien de très inattendu en fait : c'est très dangereux. Inutile de demander aux voitures de se ranger pour pouvoir dépasser par la gauche (quand je dis demander je parle de 5 minutes d'appels de phares et de klaxon). Rien n'y fait. Rouler à 80 sur la voie de gauche de l'autoroute? pas un souci. Il faut donc slalomer gaiement pour arriver à avancer un peu. Peu de gens s’embarrassent de clignotants et déboîtent au dernier moment en mode queue de poisson. La distance de sécurité n'est pas une une notion comprise (en général en occident on en respecte pas forcément la longueur mais on comprend le principe). En Chine si ta voiture fait 4 metres de long et qu'il y a 4 mètres entre deux voitures sur la file d'à coté, c'est ben logique : on peut s'y mettre.
un peu stressant donc.

Arrivés à YuanJiang j'étais donc assez soulagé "plus qu'une heure de route" me disais-je, "et de la p'tite route en plus". Après une demi-heure à chercher la direction de YuanYang je finis par demander à Google Maps sur mon téléphone, qui nous répond avec suffisance (aucun respect les portables) "mec t'en a encore au moins pour 4 heures". Quand mon portable me parle comme ça moi je l'éteint.
On finit donc par nos propres moyens par trouver un panneau marron qui indique les rizières. Et comme promis c'était une petite route mignonne accrochée à des montagnes ou l'on voyait de plus en plus de terrasses. COOOL
We had rented a big car for about 50 euros a day and left for the YuanYang rice terraces, a valley 300km south of Kunming that Chloé and her mum had visited last year. They had kept a rather unpleasant memory of the last portion of the road from Kunming to YuanYang, a pretty rocky 60km dirt road. Chloé had decided for the other option, advised by the hostel owner in YuanYang. First go down to YuanJiang (south west of KM) with the motorway and get to YuanYang from the west on a better road. The estimation was 3h30 on the motorway and then 1h / 1h30 on smaller roads.

Driving on the motorway in China... Not much of a surprise actually, as far as I'm concerned : It's very dangerous. No use asking people to get back to the right side lane so you can overtake properly (and when I say "asking" I mean 5 minutes of honking and flashing my lights at them, just to be sure). You just have to overtake from the right side and then from the left at the next car probably. Few people seem to know about indicators and honk instead of looking in their rear view mirrors. Security distances isnt something that ever occurs in China, if your car is 4 metres long and there happens to be a a 4metres gap between two cars on the next lane you just go for it! Well it fits doen't it?
Some stress was involved.

I was relieved when we got to YuanJiang "only one hour left!" I thought "and on small roads too!". After half an hour spent looking for the road to YuanYang I thought I might ask google maps. "Dude, another 4 hours, at least" he answered smugly. Well a phone talks to me like that I just switch it off.
We did, after a while, find a brown signe that read "rice terraces". It lead to a small mountain road overlooking an increasingly terraced valley. NIIICE.


J'ai vite compris que 7 personnes + voiture bon marché = montées difficiles. Mais pied au plancher en seconde à 3500 tours minutes, ça allait. Tout le monde était à l’affût des magnifiques terrasses, il faisait beau, on avait le vent dans les cheveux. Il était 15h.

Jusqu'à 16h30 on était à bloc, même quand la route à commencé à donner des signes de faiblesses, petits éboulements qui empiétaient sur le chemin, petites portions ou la route cédait le pas à de la piste. Enfin bon, toujours des paysages magnifiques alors bon on était ptet un peu en retard mais c'était pas la fin du monde.

I quickly understood that 7people + cheap car = noisy way uphill. But pedal to the metal in second gear at 3500 rot/min we still went up. Everybody was looking forward to the beautiful terraces, it was sunny, we had wind in our hair. It was 3pm.

Until 4:30 we were full of confidence, even when the road started giving signs of weakness, a few fallen roacks on the road, small patches when it became a dirt road. but hey! the landscapes were still beautifull, it just took a bit longer than we had thought, so what!





A chaque obstacle on se disait que c'était un passage difficile mais que ça allait s'améliorer, de toute façon on était plus bien loin, les routes seraient mieux à proximité des villages. Mais au contraire c'était de pire en pire, la voiture chassait dangerereusement quand on passait dans les flaques de boue de plus en plus importantes. Les trous dans la route étaient de plus en plus gros, il n'y avait plus du tout de macadam. La tension montait un peu. Il était 17h30, on pouvait pas dépasser les 20 km/h et je commençait à me dire que le téléphone avait eu raison.
Le passage le plus technique était un virage en épingle à cheveux vers la gauche, toujours à flanc de colline. Juste avant le virage il y avait une bonne flaque de boue, dans le virage il y avait de la boue recouverte d'eau et en sortie de virage un éboulement avait emporté la route, une piste à peine plus large que la voiture avait été creusée dans la terre de l'éboulement qui semblait encore assez meuble. Ensuite, juste assez d'espace pour arrêter la voiture avant un éboulement de terre et de cailloux qui recouvraient toute la route sauf 1 mètre sur la gauche. Tout le monde est descendu, on a déblayé ce qu'on a pu. et puis il a fallu y aller.

On m'a déjà dit plusieurs fois que je conduisait avec (un peu trop de) confiance. Là j'ai juste cru que j'allais mourir. Le salaire de la peur quoi, si vous avez vu le film (sinon voyez le il est bien). Quand j'ai arrêté la voiture je tremblais comme une feuille, Chloé, en larme était parti à pied avec tout le monde devant. En fait non, j'ai pas pensé à prendre de photos.

Quand on a crevé vers 7h, je crois que j'étais pas le seul à vouloir me marrer. Ensuite on a mis une plombe à comprendre comment marchait le cric hydraulique, puis une vis de la roue ne voulais pas sortir. A ce moment là il faisait nuit et une voiture s'est arrêtée pour nous proposer de l'aide. Le mec a simplement cassé la vis de la roue, ce qui était impressionnant à voir et qui a réglé notre problème. Il nous a dit qu'on venait de prendre un mauvais tournant, qu'en fait on était en train de repartir à YuanJiang. De toute façon il n'y avait rien d'autre a faire vu que la route qu'on aurait dû prendre pour Yuanyang (encore à peu près 4 heures de route hein) était fermée à cause des éboulements.
Il a appelé un hôtel dans le village le plus proche, on a du suivre un camion qui roulait à 10km/h en dégageant des nuages noirs inimaginables pendant 6km. A 9h30 on a enfin pu se poser.

Bilan de la journée : 11heures de conduite pour moins de 400km, dont en fait 7heures pour faire moins de 150km. Et on était pas où on voulait aller. Record battu.

Finalement les terrasses qu'on a vu sur le chemin était presque aussi belles et avaient l'avantage d'être non touristiques et gratuites. Des fois un peu d'authenticité c'est sympa aussi, même si en Chine ça se mérite!

Le lendemain on est reparti pour Kunming vu que la déviation pour YuanYang nous aurait pris encore au moins six heures... Mais on était contents d'êtres vivants alors ça va!


At every obstacle we thought the worst was behind us, that we were getting close to the town, that roads would have been repaired. On the contrary the road was only getting worse. The car skidded dangerously in the mud puddles that were getting bigger, along with holes in the road. There wasn't any asphalt anymore. We were tense. It was 5:30, I couldn't drive faster than 20km/h and I was starting to think my phone had been right.

The worst spot was a hairpin bend to the left along a cliff. just before the bend, there was a mud puddle, in the bend there was a big mud puddle with water on it and at the end of it, a landslide had carried of the road down the ravine and a path just about the width of the car had been dug in the soft new earth. Then there was just enough space to stop the car on a piece of hard road before a pile of earth that covered all the road but 1 metre on the ravine side. Everybody got out of the car and we did what we could with hands and feet to flatten the mound and get rocks away. And then I had to go for it.

Some people have told me I drove with too much confidence, but there I just thought I'd die. Wages of Fear if you've seen the movie (do watch it it's a good movie). When I finally stopped the car I was shaking like a leaf and Chloé, in tears had left on foot with the others in tow to see how the road looked ahead (and be as far from the car as possible, too).

When we got a flat tyre at 7pm, I don't think I was the only one who wanted to laugh. It took ages figuring out how the hydraulic jack worked and then it was dark already and one screw still wouldnt come loose. People stopped to see if they could help us and the guy just broke the jammed screw in the middle. Which was quite impressive and solved our problem. He told us that we had just taken a wrong turn a couple of km back and were on the road to YuanJiang, our starting point. Anyway we couldn't do much better than that as the road to YuanYang, the one we'd missed was cut off because of landslides. He booked us a hotel in the next town. We then had to follow an ancient and verrrrry slow lorry that puffed away clouds of black smoke for the next 6km, but we finally got there at 9:30.

So! We had had a 11hour drive and we had covered less than 400km, it had taken us 7hours to cover the last 150km and we weren't were we wanted to be. A record. In the end the terraces we did see were almost as beautiful as the ones we didn't, we didn't have to pay to see them and we didn't have to bother with the crowds of tourists. Sometimes a little authenticity is good too, even if it's hard earned!

On the next day we just got back to Kunming as the diverted way to Yuanyang would have taken us another 6 hours at least. But nobody really minded, with the thrill of being alive and that...

5 commentaires:

  1. haaan trop la folie cette histoire, j'aurais eu trop peur !
    T'es vraiment un brave, Ilan !

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  2. Je ris ou je pleure suivant les paragraphes...il est temps de mettre ton permis de conduire chinois sous verre.
    Bise.

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  3. héhé je viens de regarder la vidéo que tu m'as envoyé.
    Ton journalistique un peu dramatique (comme souvent à la télé) mais à part ça les routes ressemblent assez à ce qu'on a eu (sauf le tunnel éboulé)
    pour les amateurs de routes qui font peur donc :

    http://www.dailymotion.com/video/xu1u1p_les-routes-de-l-impossible-chine-la-vertigineuse-vallee-des-oublies_tech

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  4. J'imagine tellement la situation... et je m'imagine y être également : l'horreur ! Heureusement que les terrasses étaient belles ^^

    Bisous, Caro

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  5. Driving in china is a trip itself ;)

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