lundi 15 avril 2013

Un jour au musée
A day at the museum


Le moins qu'on puisse dire à propos de la vie culturelle à Kunming, c'est qu'elle n'est pas forcément trépidante, surtout pour une ville de cette taille. Bien sûr, il y a souvent des concerts dans les bars/clubs, et si on cherche bien il y a quelques galeries dissimulées ici ou là, mais ce n'est pas vraiment la folie. Quant aux musées, il y en a très exactement 3 dans cette ville de plus de 6 millions d'habitants: le musée provincial, le musée de l'urbanisme, et le musée des minorités. C'est au premier que je me suis rendue l'autre jour, histoire de voir un peu ce qu'il y avait dans les collections.
When enquiring about Kunming's cultural life, you'll soon find out there's hardly anything exciting happening, even though it is such a big city by European standards. Of course, Kunming has its fair share of live music venues but it's always the same bands playing, and you have to be some kind of urban investigator to find the few galleries that do exist, tucked away in invisible corners of the city. As for museums, this 6-million-inhabitants, fast growing metropolis has only 3: the provincial museum, the city planning museum and the ethnic minorities museum. I went to the provincial one the other day, to have a look at what their permanent collections had to offer. 
Le rez-de-chaussée est réservé aux expositions, mais il n'y avait rien au moment où j'y suis allée. Le premier étage présente des objets du royaume de Dian, et le deuxième compile un joyeux bordel de costumes, peintures et objets artisanaux censés représenter la diversité culturelle du Yunnan. Les collections sont intéressantes mais limitées, cela ne prend donc pas plus de deux heures pour couvrir les deux étages, même si on s'attarde longuement. 

 
Commençons la visite par le premier étage: le Royaume de Dian (4ème siècle av JC– 109 av JC), qui s'étendait aux alentours de Kunming, était une culture du bronze, ce sont donc toutes sortes d'objets en ce métal qui sont exposés ici, que ce soit des instruments de musique, des armes, des miniatures de la vie quotidienne, des ustensiles divers, et bien sûr, des vaisseaux cérémoniels. Le tout est plutôt bien expliqué, et pour une fois les explications en anglais sont intelligibles. On voit aussi des vidéos des archéologues qui ont découvert le site le plus important, et des reproductions grandeur nature des tombes qui ont été excavées. Il y a aussi une partie "jeux" où on peut toucher des reproductions de bronzes, dessiner des motifs Dian, etc... Je ne sais pas s'il y a des animations de temps, mais en tout cas quand j'y suis allée j'étais pratiquement seule à l'étage (avec le garde qui me suivait partout). 



The ground floor usually hosts exhibitions, but there was nothing on when I went. The first floor is a display of Dian Kingdom artefacts, while the second floor focuses on Yunnan's cultural diversity through a rather strange assortment of costumes, paintings and handmade objects from ethnic minorities. All in all, the collections are very interesting but rather small, and you won't spend more than two hours to go through the whole thing, even if you're a museum buff and want to read all the small-print explanations on the plaques. 


Let's start the tour! The Dian Kingdom (4th century BC–109 BC) was established by the Dian people, who lived around Lake Dian in northern Yunnan. They were expert metal workers, so most of what you can see at the museum are bronze artefacts, ranging from musical instruments, weapons, miniatures of everyday scenes and utensils to, of course, ceremonial vessels. Everything is well presented, with intelligible English captions (a luxury in China!). There are also videos with interviews of the archeologists who discovered the first Dian burial site, as well as real-scale reconstructions of those sites. And last but not least, in typical Chinese style there's a "playing" area where you can touch reproductions of bronze vessels, draw Dian patterns and whatnot. I don't know whether the museum organizes guided visits from time to time, but when I was there I pretty much had the whole floor to myself (apart from the security guard who kept on following me everywhere.) 







Passons au deuxième étage: un beau bric-à-brac de tout et n'importe quoi! Il semble que quand il s'agit des minorités ethniques, les Chinois se contentent de tout mettre dans la grande marmite de "Oooh regardez comme ces sauvages sont capables de beauté!" Ils mélangent tous les costumes et objets, même pour des groupes qui ont très peu de ressemblance culturelle. Je me demande si les Han apprécieraient qu'on fasse une galerie intitulée: "art chinois et japonais" en mixant tout au petit bonheur la chance... Mais bon, il y a quand même des choses intéressantes quand on arrive à s'y retrouver. Ce qui m'a beaucoup touchée, c'est tout d'abord la présentation de marionnettes d'ombres traditionnelles, accompagnées de ce beau mais triste témoignage d'un marionnettiste, Liu Yongzhou:

"Quand j'étais petit, j'ai dû étudier le théâtre d'ombres auprès mon père et de mon grand-père pour pouvoir gagner ma vie. Aujourd'hui on ne peut plus faire d'argent grâce à ça, c'est pourquoi mon fils a interrompu son apprentissage. Les jeunes de la campagne partent tous à la ville chercher du travail, et dans les troupes de théâtre les acteurs ont tous plus de 60 ans, les seuls membres d'une vingtaine d'années sont les musiciens qui nous accompagnent backstage. Ils ne sont pas acteurs professionnels, ne savent pas chanter en rimant et ne sont pas familiers avec l'histoire de notre art. C'est très difficile d'étudier le théâtre d'ombres. Quand les derniers acteurs âgés décéderont, ce sera la fin du théâtre d'ombres du Yunnan."

Let's have a look at the second floor now: a weird jumble of all things "ethnic". It seems that when it comes to minorities, the Han put everything together in one big pot of "unsophisticated, charming backwards customs". All the costumes and artefacts are mixed together, even though they bear very little cultural ressemblence to each other. I wonder if the Han would appreciate a "Chinese/Japanese" gallery in a museum, with everything mingled into one big exotic pile... But the objects in themselves were interesting, after I managed to make sense of what they were/where they came from. What I loved most of all were the shadow puppets that came with a big sign bearing the testimony of senior shadow puppeteer Liu Yongzhou:

'When I was a kid, I had to learn shadow theatre from my father and grandfather as a way to earn a living. Nowadays it is impossible to make money from it, that's why my son gave up after studying it for a while. Young people from the countryside all go to the city to find work, and now every shadow theatre performer is in his sixties or older. The only young blokes who work in the troupe are the twenty-something musicians who accompany the performance from backstage. But they're not professional actors, don't know how to do rhyme-singing and have no understanding of our art's history. It is very difficult studying shadow theatre. When the last senior performer passes away, Yunnan shadow theatre will have disappeared.'



Et dans tout ce bazar, j'ai aussi vu des tambours Zhuang en forme de poissons, des belles étoffes Dai, des chats rigolos en céramique et une technique traditionnelle d'impression... Éclectique, mais pourquoi pas!

I also saw Zhuang fish-shaped drums, lovely Dai clothing, funny-looking porcelain cats and a traditional priting technique... Eclectic to say the least, but why not?


        


Pour finir, si vous êtes de passage à Kunming n'hésitez pas à faire un tour au musée provincial, sans vous laisser intimider par l'architecture communisto-pompière du bâtiment... c'est gratuit, intéressant et puis un peu de culture de temps en temps ça ne fait jamais de mal!

As a conlusion, if you ever come to Kunming don't give the provincial museum a miss. Even if the building itself is a great example of horrid communist architecture, the collections are worth it... and it's free!!!



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