jeudi 25 avril 2013

Marc Riboud & Bruno Barbey:
deux visages de la Chine
two Chinas



Moi qui me plaignais de ne pas avoir grand chose à faire de culturel à Kunming, ces derniers temps j'ai été comblée grâce à un super spectacle de danse franco-chinois et une très belle expo au musée du Yunnan, de deux grands photographes français: Marc Riboud et Bruno Barbey.

Mais pourquoi tant de francophilie me direz-vous? C'est parce que du 12 avril au 15 juillet se déroule le festival Croisements, une série d'événements culturels franco-chinois disséminés dans 25 villes à travers le pays. A Kunming sont aussi prévus des concerts de musique classique, piano jazz et musique alternative, et même une pièce de Beckett en version bilingue.
Mais revenons au sujet de cet article. Comme Ilan est parti vadrouiller dans le Nord du Yunnan avec Quentin, je me suis décidée à aller voir les photos de Marc Riboud et Bruno Barbey au musée hier après-midi- malgré le beau temps, mais il faut dire que vu la chaleur écrasante un petit répit d'une heure était plus que bienvenu.



Last week I was complaining there weren't enough cultural events happening in Kunming. But as if to prove me wrong, there's been quite a lot happening recently. We went to a brilliant French/Chinese dance show last Saturday, and yesterday I saw a beautiful exhibition by two great French photographers: Marc Riboud and Bruno Barbey.

But why is theer so much French stuff going on, you ask? Well, there's a French/Chinese festival currently happening in over 25 Chinese cities, and Kunming is one of them. A few concerts were announced as well, including classical music, jazz piano and an alternative band, and last but not least, a Beckett play in both Chinese and French. But let's go back to our topic. As Ilan is currently traveling through the North of Yunnan with Quentin, I decided to go have a look at Riboud and Barbey's work at the museum, even though it was a lovely day- it offered me a welcome respite from the heat though.


Bien que les deux photographes soient présentés dans une seule et même expo, leurs parcours, leurs travaux et leurs visions de la Chine sont très différents. Penchons nous d'abord sur le premier, et à coup sûr le plus célèbre: Marc Riboud, né en 1923 à Lyon (wouhouuu!). Voici la biographie issue de son site:

"A l'Exposition Universelle de Paris en 1937, il prend ses premières photographies avec le petit Vest-Pocket offert par son père pour ses 14 ans. En 1944, il participe aux combats dans le Vercors. De 1945 à 1948, il fait des études d'ingénieur à l'Ecole Centrale de Lyon et travaille en usine. A l'issue d'une semaine de vacances prise pour photographier le Festival de Lyon, il oublie de retourner à l'usine et décide de se consacrer à la photographie.

En 1953, il obtient une publication dans le magazine Life pour une photo d'un peintre de la Tour Eiffel. Sur l’invitation d’Henri Cartier-Bresson et de Robert Capa, il rentre à Magnum. Ce dernier l'envoie à Londres “pour voir les filles et apprendre l'anglais”. Il n'apprend pas l'anglais mais photographie intensément.

En 1955, via le Moyen-Orient et l'Afghanistan, il se rend par la route en Inde, où il reste un an et d'où il gagne la Chine pour un premier séjour en 1957. Après un séjour de trois mois en URSS en 1960, il couvre les indépendances en Algérie et en Afrique noire. Entre 1968 et 1969, il effectue des reportages au Sud ainsi qu’au Nord Vietnam, où il est l’un des rares photographes à pouvoir entrer.

Depuis les années 80, il est régulièrement retourné en Orient et en Extrême-Orient et a exposé à Paris, Londres, New York, Beijing, Hong Kong, Bilbao, etc"

C'est un vrai amoureux de la Chine, pays auquel il a consacré le plus grand nombre de ses photos. Il a fait plus de 20 voyages en Chine de 1957 à nos jours, et a donc été témoin des grands changements du pays. Il y avait beaucoup de portraits dans l'exposition, et à part quelques paysages urbains qui montrent la modernisation de la Chine, on y trouve très peu de marqueurs évidents du communisme: pas vraiment de photos de statues de Mao, ni de panneaux avec des slogans, etc. C'est une photographie très centrée sur l'humain, qui m'a beaucoup touchée. Ceci dit, ses photos de paysages sont tout aussi grandioses...

Despite the fact that the two photographers are presented in the same exhibition, their stories, works and visions of China are very different. Let's first talk about Marc Riboud, who is surely the most famous of the two. Here is what is website states under 'bio':

'Marc Riboud was born in 1923 in Lyon. At the Great Exhibition of Paris in 1937 he took his first pictures with the small Vest-Pocket camera his father offered him. During the war, he took part in the Vercors fights. From 1945 to 1948 he studied engineering and worked in a factory. After a week of holiday during which he covered the cultural festival of Lyon, he abandoned his engineering job for photography.

In 1953, he published his famous « Eiffel Tower’s painter » photograph in Life magazine and joined Magnum agency after meeting Henri Cartier-Bresson and Robert Capa. Robert Capa later sent him to London to see girls and learn English. He didn't learn that much English but photographed intensely.

In 1955, he crossed the Middle-East and Afghanistan to reach India, where he stayed for a year. He then headed toward China for a first stay in 1957. After three months in USSR in 1960, he followed the independence movements in Algeria and Western Africa.

Between 1968 and 1969 he was one of the few photographers allowed to travel in South and North Vietnam. In 1976 he became the president of Magnum and resigned three years later ; since the 1980’s he's been travelling at his own tempo.'

He is a real China buff, and has made more than 20 trips to the Middle Kingdom since his first visit in 1957. For obvious reasons most of the pictures exhibited at the museum were some he took in China, but definitely more than half of his work centers around that country anyway. What striked me was how little he photographed communist aspects of the decor, focusing instead on people's faces and attitudes. Only two pictures in the whole exhibition had obvious markers of Maoist China. He is very humane photographer who concentrates on the individual, and that's what I found most touching in hsi work. Although I have to admit his landscapes are pretty amazing too...

Beijing, 1971
Beijing, 1965
Huangshan, 1985

Passons à Bruno Barbey. Formé à l’Ecole des Arts et Métiers de Vevey (Suisse), Bruno Barbey est l’un des photographes illustres de l’agence Magnum dans laquelle il entre définitivement en 1968. Ainsi propulsé dans le monde du photojournalisme, Bruno Barbey réalise de nombreux reportages sur différents pays européens et africains, tout en restant profondément attaché à sa terre natale qu’est le Maroc. Toujours avide de découvrir de nouvelles contrées, il se rend à plusieurs reprises en Chine depuis les années 1970.

En 1973, il est nommé photographe officiel de la presse française lors de la visite duprésident George Pompidou en Chine. Quelques années plus tard en 1980, il accompagne une mission américaine pour le magazine GEO. Armé d’un sac rempli de pellicules kodachrome, Bruno Barbey suit les déplacements diplomatiques, documentant les rencontres, les grandes métropoles, mais aussi les charmes des paysages de Hangzhou, Suzhou, Sichuan, Guangxi entre autres endroits pittoresques.

Les photographies de China in Kodachrome résultent de ces deux missions et proposent un voyage dans la Chine d’il y a quarante ans, une Chine sortant encore à peine des bouleversements de la Révolution Culturelle des années 1960, une Chine placardée de gigantesques banderoles et pancartes de propagande aux couleurs criardes exaltant la force des travailleurs chinois, une Chine aux forts contrastes urbains et ruraux, une Chine s’éveillant petit à petit à une nouvelle vie. (source: le journal de la photographie)


Let's talk a bit about Barbey now. Bruno Barbey, a 50-year Magnum veteran, is an established figure in photo-journalism, and a highly praised colorist especially for his portrayal of Morocco - his beloved birthplace.

In September 1973, as an accredited photographer to the presidential press corps, Bruno Barbey joined French President George Pompidou's official visit to China, carrying with him a bag full of Kodachrome films. His realistic photo-reportage renders the right tone to the special light that was in the air of Beijing and Shanghai at the time, without bringing a rosy view or painting a darker screen over reality. His careful compositions took advantage of the omnipresent propaganda paintings on the walls.

In 1980 Bruno Barbey returned to China on assignment for the US edition of GEO magazine, and he stayed on for a month focusing on Shanghai, the Sichuan and Guangxi provinces. Still using Kodachrome he captured the vivid contrast between the modernizing city such as Shanghai and the still under-developed rural life in the provinces.

These pictures are therefore a precious document and a generous contribution by Bruno Barbey to the history of Chinese photography and to the history of a nation in development. (source: beaugeste gallery)


Shanghai, 1973
Ping-pong table in the countryside, 1973
Chengdu, 1980


Ces photos-là sont très troublantes, car on s'y croirait presque, mais en même temps le Kodachrome rend des couleurs très vives qui donnent un aspect presque "trafiqué" à l'ensemble... On est vraiment dans le photo-reportage, mais la composition est telle qu'on a l'impression d'être devant un pays sur papier glacé, une pub pour le communisme... Et c'est ce que la Chine tentait d'être à cette époque. Il y a néanmoins un facteur humain en plus, ce qui apporte un équilibre très intéressant. Pour moi, pas autant d'émotion que devant les photographies de Riboud, mais un vrai voyage dans le temps.

Those pictures are more than a little offsetting because it feels like you're almost there, but at the same time the Kodachrome films have very bright colours that almost look like they've been tampered with... It really is photo-journalism with a will to show the truth, but the way the photos are composed makes it look like a country on glazed paper, an ad for communism, .. And that's exactly what China was trying to be at that time. The human side is very present nonetheless, so it's certainly an interesting balance. I can't say I was as moved by those photographs as by Riboud's, but it was a wonderful journey back in time.

Je vous laisse avec la magnifique Gong Li, photographiée en 1993 par Riboud sur le tournage de "Vivre!" de Zhang Yimou. Et si vous avez l'occasion de voir les travaux de ces deux photographes, n'hésitez pas!


I'll end the visit here and leave you with a portrait of the beautiful Gong Li, photographed by Riboud in 1993 on the set of Zhang Yimou's film "To live!" And if you ever get the chance to see these two photographers' works, please don't miss it!

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