jeudi 2 février 2012

Dali part 3

Erhai Lake
Yo! voici le retour tant attendu du Gigue, qui s'est finalement décidé à élaguer ses multiples poils dans la main et à finir le récit de notre voyage à Dali.
Yo! Now the moment you've all been waiting for : Gigue's great return to the blog with the final chapter of our trip to Dali
Donc, pour notre dernier jour à Dali, nous avions décidé de faire un petit tour de vélo. Lorsque que j'entendis Chloé suggérer la chose,  mon sang de cycliste ne fit qu'un tour et c'est la bave aux lèvres que je proposai un tour du lac Erhai, qui borde Dali et est moins grand que Dianchi, le lac de Kunming. En regardant la carte, et son échelle, ça semblait tout à fait faisable, peut-être un petit 80km, sur du plat : fastoche : ]
voila à quoi ça ressembe en gros
So, for our last day in Dali, we had decided to rent some bikes and have a little trip. When I heard Chloé suggest we could do that, my cyclist's heart skipped a beat and I immediately thought about cycling around lake Erhai (next to Dali and smaller than Dianchi, Kunming's lake). Having a look at the map, and its scale, it looked perfectly doable, maybe 80km on flat road. Easy peasy :]
Just to give you an idea it looks a bit like that :
Sans titre-1
On partait du sud ouest (vieille ville de Dali dont Chloé vous a parlé dans son article) et on se réservait la possibilité de prendre un bateau une fois arrivés en face de Dali de l'autre coté du lac (à côté de l'île). Cela nous permettait de ne pas traverser toute la nouvelle ville moche située au sud du lac, et donc de prendre plus notre temps sur la première partie du parcours. Mais évidemment....

Après avoir payé une caution très raisonnable pour les vélos (dans les 25e pour les deux) nous voilà partis sur les petites routes qui serpentent le long du  lac. Au bout de quelques heures la température (autour de 5°c le matin), montait tranquillement à 20°c à l'ombre, donc bien plus sous le soleil invariable du Yunnan. C'est donc en Tshirt et chèche sur la tête (après tout ce n'était que le 2 janvier) que nous traversions les champs de légumes et les villages Bai desservis par nos petites routes, sans oublier de répondre à tous les coucous, les "hello" et les sourires rayonnants dont nous gratifiaient la plupart des gens sur la route. Et le lac était tout juste MAGNIFIQUE, à chaque fois qu'on faisait une pause on avait le droit à quelque chose comme ça :
We were to leave from the South-West side of the lake (from Dali old town, which Chloé told you about in her article) and thought we could always take a boat south-east of the lake (close to the island) back to Dali in order to by-pass the new city and have more time for the fun stuff. But of course that was only the plan...

After leaving a very reasonable deposit for the bikes (about 25euros) we left on the small roads that wound their way along the lake. After a few hours, the temperature had risen from 5 to 20°c in the shade, and even higher in Yunnan's everlasting sunshine. So we went on in T-shirts and wearing scarf and tagelmust around our heads (after all, it was only January 2nd) on small paths bordered with vegetable fields and small Bai towns. We answered our fair share of cheerful waves, helloes and beaming smiles from people on the road while the lake was simply MAGNIFICENT. Each time we took a break we had somthing like that to gape at :


Les nuances de bleu étaient tout à fait surnaturelles, le relief des montagnes découpé au loin et les petites barques à contre-jour qui glissaient sur l'eau scintillante nous donnaient l'impression d'être tombés la tête la première dans une carte postale. Dans un petit village, nous nous sommes arrêtés pour jeter un oeil dans un temple bouddhiste d'où provenait de la musique ( une sorte de trompette en bois ressemblant fortement à une bombarde bretonne et qui s'en rapproche aussi pas mal au niveau de la sonorité, si ce n'est un tout petit peu moins strident). Comme c'était un tout petit temple, et que nous n'étions pas certains de pouvoir rentrer dans les petites pièces où se pratique le culte, on est ressorti assez vite. Au moment d'enfourcher nos vélos pour (enfin) se mettre en quête de nourriture, deux gamins d'à peu près 8 ans sortent du temple en courant vers nous et me tendent un paquet de cigarettes ouvert en souriant à pleines dents. En levant la tête je vois un papa attendri sur le pas de la porte qui nous regardait. Je prends donc une cigarette dans le premier paquet, puis, face au deuxième gamin qui me mettait le paquet de son père sous le nez, une deuxième.

La Chine c'est comme ça, il y a trop de trucs énervanst ou même franchement insupportables pour en faire une liste, avec en prime tout le grouillement humain et l'anomie qu'il est possible d'envisager, et en même temps, on se retrouve sans arrêt  face à une volonté d'offrir, de partager un moment, un sourire, une clope ou un fruit qui nous fait tomber sur le derrière, et fait qu'on oublie bien vite la chenille pour considérer le papillon (au moins jusqu'au prochain klaxon de poids lourd à 1mètre de notre oreille...). En tout cas, il y a des sérieuses leçons d'humanité à en retirer pour nous, petits occidentaux qui ne remettons pas assez souvent en question la culture du chacun chez soi.

Un peu plus loin sur la route et après une pause-calins avec des petits veaux trop cools (voir album photo) on s'arrête devant une porte de quelque chose qui s'apparente à un temple :
The deep shades of blue were simply supernatural, the outline of mountains in the distance and the small backlit boats set against the shimmering water made us feel we'd dropped head first into a big postcard. In a small town, we stopped to have a look at a buddhist temple where we could hear music (an instrument looking like a wooden trumpet with a quite shrill sound). But we weren't sure it was ok for us to get into the small rooms where people worship so we went out after a few minutes. When we were about to get back on the bikes to go find some food (at last), two 8-year-old kids ran out of the temple and towards us, beaming, and presenting me with open cigarette packs. Their dad (probably) was looking at us from the doorstep, smiling. I took one from the first pack and since the second kid was still running around me I had another pick.

That's China for you, sometimes there are too many annoying, or even outright unbearable, things for you to list, with people swarming and the worst anomie you could think of, and yet you always meet people who are eager to offer stuff, to share a moment, a smile, a smoke or a fruit with you. And that makes you forget all about the caterpillars and focus on the butterflies (at least until the next lorry blares a very painfull horn 1m away from your left ear). Anyway, there are a few serious lessons to be learned from that in the west, where we often keep to ourselves without wondering why.

Further along the road, and after a cuddly break among very cool calves (see photoset) we stopped in front of a gate that led into a kind of temple :
Temple to GuanYin's wife
Une vieille, occupée à tricoter sur les marches nous salue et après nous avoir observés un peu vient nous voir en nous expliquant plein de choses en dialecte (peut être le Kunminghua, parlé aussi à Dali?) elle nous fait monter les marches du pavillon et nous ouvre la porte de l'escalier donnant sur d'autres marches branlantes jusqu'à un autel, au dernier étage. Là elle nous explique, (bel effort pour nous parler en Mandarin) que c'est l'autel dédié à la femme de GuanYin (un des nombreux "sages immortels" du Taoïsme). Polis, on regarde l'autel pendant 5 minutes (qui ressemblait à beaucoup d'autres d'autels qu'on voit dans les temples) et on commence à repartir. Et là elle nous dit "hé mais il faut prier!". Face à notre mine de merlan frit elle répète "allez allez tu prie!", nous voila donc agenouillés sur les coussins de prière les mains jointes contre le front à être très polis avec notre petite vieille, qui d'ailleurs était un peu déçue qu'on soit venus sans encens ou autres offrandes.
Sur le coup de 5 heures, on commence à se dire qu'on a pris pas mal de retard avec tous nos petits détours et on a la très bonne idée (bien qu'un tantinet tardive) de vérifier dans le guide du routard l'heure de fermeture de l'embarcadère... 5h... oups. On en était à peu près à 2/3 du chemin jusqu'à l'embarcadère, à la moitié du chemin total qu'on était du coup obligé de faire,  et avec encore 1h30 avant la tombée de la nuit.

Jusqu'à 8h, on a bien galéré : sur des routes de plus en plus pentues et qui devenaient des chemins de caillous sans prévenir, dans le noir presque total, en s'éclairant avec ma petite lampe de poche, et avec Millet qui fatiguait sérieusement, et sur le coup de 7h, de la pluie. En trois mots mes amis : c'était la merde. Après bien trois quarts d'heure à faire des signaux désespérés aux pick-ups VIDES qui se dirigeaient  vers Kunming (on aurait pu crever la gueule ouverte c'était pas un problème) on a été pris en stop par des gens très gentils, qui avaient une grosse voiture (genre américaine) mais pas vraiment un pick-up. On n'a donc pu caser qu'un seul vélo dans le coffre. Chloé, à bout de force part en voiture et je continue tout seul. Et juste au moment ou j'arrivais sur des routes éclairées ils sont venus me chercher parce que "vraiment il pleuvait et ils pouvaient pas me laisser là" ce qui est adorable et un peu marrant parce que la pluie après Glasgow, ça me fait vraiment pas peur, par contre 50km par nuit noire, j'aime moins. Donc au final on a dû tenir les vélos à la main pendant le trajet (vu qu'on pouvait vraiment pas fermer le coffre) jusqu'à Xiaguan où on a pu manger un bout, et où on a attaché les vélos à un arbre et pris un taxi pour Dali. Au final on devait reprendre le train le lendemain matin, donc on a dû acheter un nouveau billet pour avoir le temps d'aller chercher les vélos. Mais finalement, les vélos avaient été volés pendant la nuit. gros oups.
Et donc pour finir ce récit palpitant, on eu le droit à une journée bonus à Dali, en mode grosses loque, avec plus de 100km dans les pattes et la honte du siècle d'avoir géré notre histoire comme des gros nazes (euphémisme).

Mais même après tout ça, on était bien d'accord que ça avait valu le coup, même si on aurait préféré mériter les paysages avant de les voir....

 Bientôt, le récit moins palpitant mais plus frais de notre voyage à Chengdu (pour le nouvel an Chinois cette fois)
Merci d'avoir choisi Ilanoé Airlines! (et de supporter les article interminables du Giguel)
 en Français
An old lady who was knitting on the stairs said hello and after observing us for some time came to us and started explaining lots of things (in local dialect... too bad) she opened a door and brought us to the altar room at the top of the pavillion. She explained (with a truly appreciated attempt at mandarin) that it was an altar to GuanYin's wife (one of the many immortal taoïst prophets). We looked at it for some time (it really looked like most of the altars we'd seen in taoist temples) and then headed back for the door. But the old lady called us back "hey, but you must pray!" she looked at our embarrased faces and went on "come on, you pray now!". So, being the very polite persons we are, we knelt down on the praying cushions and joined our hands against our forehead, wasn't that hard. But the old lady was still a bit disappointed that we didn't come with incense or food offerings. Well nobody's perfect.

Around 5pm we started thinking we were running a bit late and it occurred to us to have a look on our guidebook to check when boats stopped running : 5pm. oops. We had covered 2/3 of the distance to the pier, so about 1/2 of the total distance now that taking a boat wasn't an option anymore. And nightfall was due around 6.30pm
Until 8pm we had a hell of a good time : pitch dark with only a handtorch, with roads getting steeper and steeper, and randomly turning into dirt roads. Millet was completely knackered and simply couldn't take it any longer when, by a fortunate twist of fate, it started raining. In short, we were in the shit. After a good 40 minutes of desperately waving at passing (EMPTY) pick ups we were taken in by a couple of very nice people who were going our way. Since we couldn't fit two bikes in the boot I went on on my own for a few kilometres, but since "it was raining they just couldn't leave me there" they went back for me which was very sweet but a bit funny to me (After Glasgow I'm sure I won't mind any kind of rain ever again, but cycling 50km in the middle of the night is something else). Anyway they droped us in the new town (we had to hold on tight to the bikes so they wouldn't drop out of the open boot) where we locked the bikes to the nearest tree and rushed to get something to eat. Since we took a cab back to Dali leaving the bikes in Xiaguan, we missed our train the next morning (we were going back for them). And guess what : the bikes were gone! big OOPS. So to finish this thrilling tale, we were entitled to a bonus day in Dali; which we spent like zombies who would have cycled more than 100km the day before while at the same time making complete fools of themselves (euphemism)

But even after all this we agreed that it was all worth it in the end, even if sometimes it's better to have a hard time deserving the view BEFORE you get to see it...

Coming soon the less thrilling account of our trip to Chengdu (for Chinese new year)
Thanks for flying Ilanoé! (and for bearing the length of my articles...) XXX

3 commentaires:

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